Le cassis est le fruit du cassissier (Ribes nigrum, famille des Grossulariacées), un arbuste buissonnant de 1 à 1,5 m, très résistant au froid mais vulnérable aux gelées de floraison et aux fortes chaleurs. Conduit en haie libre sur 15 à 20 ans, il se récolte à la machine pour l'industrie (jus, surgelé, liqueur) ou à la main pour un marché du frais très restreint. La filière française, contractualisée et modeste (environ 2 000 ha, 150 producteurs), se distingue par la qualité aromatique de ses fruits plus que par ses volumes.

Le cassis en un coup d'œil

Maj. septembre 2026
Tout savoir sur le cassis

Type de plante

Arbuste caduc buissonnant, 1 à 1,5 m — racines superficielles, 80 % dans les 30 premiers cm.

Cycle de fructification du cassis

Cycle de fructification

Fructifie sur bois de 1 à 3 ans — au-delà improductif, d'où une taille de renouvellement chaque hiver.

Pollinisation du cassis

Pollinisation

Variétés anciennes autostériles, modernes autofertiles (mieux en mélange) — 25 % de pollinisateurs + ruches en avril.

Besoins en climat et en froid du cassis

Climat & froid

Rusticité −25 à −35 °C — craint surtout le gel de floraison : une nuit à −2/−3 °C en avril peut anéantir la récolte.

Besoin en eau du cassis

Besoin en eau

25 à 35 mm/semaine de la floraison à la récolte — le stress hydrique cause coulure et petits fruits.

Type de sol pour le cassis

Sol

Profond, frais, humifère (≥ 3 % MO), bien drainé, pH 6 - 7 — tolère le calcaire jusqu'à pH 7,5, chlorose au-delà.

Maladies et ravageurs du cassis

Maladies & ravageurs

Oïdium, anthracnose, virus de la réversion, phytopte des bourgeons — plusieurs autres risques à surveiller.

Récolte du cassis

Récolte

Fin juin à fin juillet, 1 à 2 passages — mécanique pour l'industrie, manuelle pour le frais.


Rusticité utilisable en zones USDA 3 à 8 ; au-delà de 30 °C, la chaleur pénalise aussi la plante, en plus du risque de gel de floraison.

Informations générales & importantes

Variétés — tableau comparatif

Maj. septembre 2026
Transformation — jus, liqueur, surgelé Frais — vente directe et gros
CatégorieVariétéRécolte / précocitéCaractéristiques
Transformation Noir de Bourgogne Tardive — mi-juillet Autostérile (pollinisateurs Royal de Naples, Andega). Arôme de référence pour la liqueur et la parfumerie. Petits fruits, sensible à l'oïdium, rendement faible (1,5 à 3 t/ha).
Transformation Royal de Naples Tardive — mi-juillet Autostérile. Pollinisateur historique du Noir de Bourgogne (environ 10 % des pieds). Fruits assez petits, très acidulés, peu sensible à l'oïdium.
Transformation Blackdown Mi-saison à tardive — fin juillet Autofertile. Variété de volume de l'industrie française (environ 75 % du verger). Fruits fermes qui tiennent à la cuisson, riches en jus. 4 à 8 t/ha.
Transformation Andega Mi-saison à tardive — juillet-août Autofertile et bon pollinisateur. Floraison tardive qui échappe aux gelées. Résistante à l'oïdium et à la réversion. Gros fruits, chair ferme. 4 à 6 t/ha.
Transformation Titania Tardive — fin juillet à mi-août Autofertile, meilleure en mélange. Très vigoureuse, résistante à l'oïdium et à la réversion, rustique jusqu'à −29 °C. Baies moyennes en grosses grappes, acide si cueillie trop tôt. 5 à 7 t/ha.
Transformation Öjebyn Mi-saison — mi-juillet Autofertile. Très rustique, adaptée à la récolte mécanique. Fruits moyens à peau ferme, équilibre sucre/acidité. Jus, sirops, congélation.
Transformation Ben Alder Mi-saison — juillet Autofertile. Fruits bien accrochés, récolte groupée, port dressé, peu sensible aux maladies. Très productive.
Transformation Ben Sarek Précoce à mi-saison — juillet Autofertile. Port compact, très bonne résistance aux maladies. Gros fruits fermes en grappes courtes.
Transformation Ben Tirran Tardive — fin juillet à août Autofertile. Prolonge la saison, tolérante à l'oïdium. Longues grappes homogènes. Transformation et congélation.
Transformation Ben Connan Mi-saison à tardive — mi-juillet à mi-août Autofertile, meilleure en mélange. Gros calibre, très rustique. Jus. Jusqu'à 3,5 kg par plant.
Frais Big Ben Mi-saison — juillet Autofertile. Très gros fruits sucrés en grappes courtes et fermes, port dressé, récolte facile. Très productive.
Frais Tenah Précoce à mi-saison — juillet-août Autofertile. Référence de la récolte manuelle : fruits gros, fermes, bien accrochés, port aéré. Très rustique (−30 °C) et résistante.
Frais Ebony Précoce à mi-saison — juin-juillet Autofertile. Goût doux de dessert, peu acide. Peau fine, bonne tenue après récolte. Résistante à l'oïdium.
Frais Tsema Précoce à mi-saison — fin juin à début juillet Autofertile. Très productive, récolte groupée. Port retombant à soutenir par un fil sous la charge de fruits.
Frais Noiroma Précoce — fin juin à mi-juillet Autofertile. La plus sucrée du panel, consommable telle quelle. Gros fruits, résistante au mildiou.
Frais Géant de Boskoop Précoce — fin juin à début juillet Autostérile. Gros fruits doux à la saveur prononcée. Très sensible à l'oïdium et à l'anthracnose.
Frais Albany Mi-saison — juillet Autofertile. Double usage frais et transformation. Très résistante à l'oïdium, adaptée à la conduite en bio.

Bourgeons : Bigrou (très gros bourgeons, fruit très acide riche en pectine) et Bigno sont cultivées pour la gemmothérapie ; le Noir de Bourgogne fournit l'essentiel des bourgeons de parfumerie.


Pollinisation et multiplication : même avec des variétés autofertiles, associer au moins deux cultivars à floraison simultanée améliore le calibre et le rendement. Le cassissier se multiplie par bouturage de bois sec (novembre à février) ou semi-ligneux (juin à août), sans porte-greffe ; les plants de verger sont certifiés indemnes du virus de la réversion.

Liste non exhaustive. Données vérifiées septembre 2026.

Formats commerciaux de plants

Maj. septembre 2026
FormatAvantagesInconvénientsCalendrier & usage
Racines nues (plant de 1 à 2 ans, calibré au nombre de branches) Le moins cher (20 à 30 % à 2 à 3 fois moins qu'un conteneur). Système racinaire fibreux sans chignon. Transport léger. Plantable à la planteuse. Fenêtre de plantation étroite. Racines sensibles au dessèchement : plantation sous 48 à 72 h ou mise en jauge. Pralinage recommandé. Mi-novembre à fin mars, en repos végétatif. Format standard du verger professionnel.
Motte Qualité racinaire équivalente aux racines nues. Stockage un peu plus long possible. Prix intermédiaire. Réservée aux sujets plus gros. Repos végétatif. Sujets isolés ou remplacement de manquants.
Conteneur / godet Plantable toute l'année avec arrosage suivi. Rendu visuel immédiat. Le plus cher. Risque de chignon racinaire ; racinaire moins développé en godet. Hors saison, remplacement, petites surfaces et jardins.

Lieux de production en France

Maj. septembre 2026
Val de Loire

Bassin industriel de volume (jus, surgelé, purées) organisé en coopératives, avec une indication géographique régionale.

Principal — 40 à 50 % des volumes
Bourgogne-Franche-Comté (Côte-d'Or)

Bassin historique orienté qualité et terroir, sous contrat direct avec les liquoristes (IGP Crème de cassis de Dijon), berceau du Noir de Bourgogne et de la filière bourgeons.

Secondaire — 25 à 30 % des volumes
Montagne, zones touristiques & bio

Rhône-Alpes, Massif central : micro-transformation à la ferme (sirops, confitures) et circuits courts. Autres zones : vallée du Rhône, Isère, Nord et Oise.

Émergent

Marché

La filière cassis en un coup d'œilMaj. septembre 2026

~2 000 haSurface France
~150Producteurs
7 000 - 10 000 tProduction France/an
3 - 4 t/haRendement moyen

90 à 95 % de la récolte part en transformation (70 à 75 % jus, concentrés, confiture, pâtisserie ; 20 à 25 % liqueur et sirops), moins de 5 % en frais ; les bourgeons alimentent une micro-filière parfumerie et gemmothérapie. Une trentaine des 150 producteurs sont sous contrat avec les liquoristes bourguignons ; le rendement varie de 0,5 t/ha en année de gel à 5 t/ha en bonne année.


Production mondiale et imports

L'Europe concentre environ 90 % de la production mondiale. La Russie est le premier producteur, la Pologne le leader européen de l'industrie (surgelé, concentrés, export), suivies du Royaume-Uni (sirops) et de l'Ukraine. La France pèse peu en volume mais domine le segment aromatique haut de gamme (crème de cassis, absolue de bourgeon).


La France est importatrice nette de concentrés et de fruits surgelés à bas coût, principalement polonais et est-européens, pour couvrir un besoin industriel national estimé à environ 10 000 t/an (boissons, produits laitiers, sirops de grande consommation). L'import de fruits frais est quasi inexistant, le cassis voyageant mal. À rendement égal, la marge brute à l'hectare d'un verger bourguignon reste environ 20 % inférieure à celle d'un verger polonais.

Consommation en France

La consommation de cassis frais est marginale : 0,013 kg par ménage et par an, contre 2,13 kg pour la fraise. Aucune donnée consolidée par habitant toutes formes confondues n'est disponible. L'achat en frais est occasionnel (tarte, salade de fruits), souvent en assortiment de fruits rouges, en barquettes de 125 à 500 g.


Saisonnalité : frais de fin juin à fin juillet ; le reste de l'année, le produit circule surgelé ou transformé.


Circuits : contrats liquoristes, industrie et coopératives de surgélation représentent plus de 90 à 95 % des volumes ; la vente directe et la transformation à la ferme constituent un créneau à forte valeur ajoutée pour les petites surfaces ; le frais en gros et en grande distribution reste très marginal ; les bourgeons forment une niche à prix élevé (70 % parfumerie, 25 % gemmothérapie). La crème de cassis recule d'environ 3 % par an, tandis que les boissons, bières et cidres au cassis et les compléments alimentaires progressent.

Aspects économiques

Coût d'implantation par hectare
PosteFourchette (€ HT/ha)
Préparation du sol et fumure de fond (sous-solage 50 à 60 cm, labour, 30 à 60 t/ha de fumier ou compost, amendements P, K, chaux) 1 500 à 3 000
Plants certifiés (3 300 à 5 000 plants/ha) 10 000 à 15 000
Plantation et paillage (film biodégradable, prestation de plantation) 1 000 à 2 000
Irrigation goutte-à-goutte (réseau, rampes, filtration, pompage) 2 500 à 5 000
Protection, brise-vent et divers 1 000 à 2 500
Total 18 000 à 25 000

Prix indicatifs.


Exemple : une plantation industrielle à 4 000 plants/ha, irriguée et destinée à la récolte mécanique, s'implante pour 18 000 à 25 000 €/ha, les plants représentant 55 à 60 % du total ; l'investissement s'amortit sur une durée de vie d'environ 15 ans. L'ajout de filets anti-grêle porte le coût de 8 000 à 10 000 €/ha supplémentaires. Financement : subventions PCAE de 20 à 40 % sur l'irrigation, la plantation et les protections climatiques ; les contrats pluriannuels avec les liquoristes s'accompagnent parfois d'avances de trésorerie.

Investissement structure de production
SystèmeStructureCoût (€ HT/ha)
Gobelet libre en haie continue (industrie) Aucune : arbuste autoportant, haie mécanisable 0
Haie palissée légère (frais, variétés à port retombant, parcelles ventées) Piquets de 1,2 à 1,5 m hors sol, un fil à 0,40 m et 1 à 2 fils espacés de 40 à 50 cm Faible (piquets et fil simple)
Brise-vent Haie de feuillus à quelques mètres du premier rang (jamais de pins blancs, hôtes de la rouille) 1 000 à 2 500
Filets anti-grêle et anti-oiseaux Piquets de 2 m tous les 6 m, filet de 4 à 5 m de large couvrant deux rangs 8 000 à 10 000

Prix indicatifs.


Les tunnels et serres ne sont pas pertinents : le cassissier a besoin de froid hivernal, l'abri favorise l'oïdium et le prix du fruit ne couvre pas l'investissement. Les filets couvrants bloquent le passage de la récolteuse enjambeuse.

Irrigation — coût
PosteValeur
Installation goutte-à-goutte (goutteurs de 2 à 4 L/h tous les 50 cm) 2 500 à 5 000 €/ha
Volume d'appoint 20 à 30 m³/ha/semaine en saison, soit 300 à 600 m³/ha/an
Coût annuel de fonctionnement (eau, pompage, maintenance) 300 à 800 €/ha/an

Prix indicatifs.


Le goutte-à-goutte atteint une efficience de 90 à 95 % contre 70 à 80 % en aspersion, et évite de mouiller le feuillage. Il se pilote au tensiomètre, par apports de 10 mm tous les 3 à 4 jours, puis s'arrête après la récolte.

Montée en production
AnnéeRendement
Année 1 0 t/ha (installation racinaire, rabattage de formation en fin d'année)
Année 2 0,5 à 1 t/ha
Année 3 2 à 4 t/ha
Année 4 et suivantes 4 à 6 t/ha (plateau, plafond 8 t/ha)

Le plateau se maintient de la 4e à 5e année à la 15e environ. La durée de vie productive atteint 15 à 20 ans avec une taille de renouvellement annuelle, contre 8 à 10 ans seulement sans taille. Prévoir une rotation de 3 à 4 ans avant de replanter du cassis sur la même parcelle.

Charges annuelles de fonctionnement
PosteFourchette (€ HT/ha/an)
Main-d'œuvre (taille, suivi, conduite, récolte mécanique) environ 780 heures/ha/an — jusqu'à 75 à 80 % des charges totales
Fertilisation et intrants 400 à 800
Protection phytosanitaire et désherbage 500 à 1 000
Mécanisation, carburant, entretien 800 à 1 500
Irrigation (fonctionnement) 300 à 800
Récolte mécanique (coopérative d'utilisation de matériel ou prestation) 400 à 800
Total hors main-d'œuvre 2 400 à 4 900

Prix indicatifs.


En récolte manuelle pour le frais, le poste main-d'œuvre explose : à 4 à 5 kg par heure et par cueilleur, une tonne de cassis demande 200 à 250 heures de cueillette.

Chiffre d'affaires & marge brute par circuit
CircuitPrix producteurCA pour 4 t/ha
Contrat industrie standard (vrac pour jus, confiture) environ 1,50 €/kg environ 6 000 €
Contrat liquoriste, Noir de Bourgogne 2 à 3 €/kg 8 000 à 12 000 €
Coopérative, surgélation 1,30 à 1,80 €/kg 5 200 à 7 200 €
Frais en gros et demi-gros 12 à 15 €/kg 48 000 à 60 000 €
Vente directe en frais (barquette de 125 g à 3 à 4 €) 24 à 32 €/kg 96 000 à 128 000 €

Prix indicatifs.


En contrat industrie, la marge brute se situe autour de 2 000 à 3 000 €/ha en année normale et la marge nette autour de 1 000 €/ha ou moins, une fois amortis récolteuse, tracteur et irrigation. Les contrats pluriannuels garantissent un prix plancher mais pas le volume : une gelée de floraison peut ramener la récolte à zéro. Le CA du Noir de Bourgogne est théorique sur 4 t/ha, cette variété plafonnant à 1,5 à 3 t/ha. Les CA du frais sont tout aussi théoriques : le débouché absorbe moins de 5 % de la production nationale et 4 t demandent 800 à 1 000 heures de cueillette ; le frais se raisonne sur quelques centaines de m² à 0,5 ha. La transformation à la ferme multiplie la valeur du fruit brut par 4 à 10 (une confiture artisanale ramène le kilo de fruit à environ 40 €), au prix d'un atelier et d'une organisation commerciale. Les bourgeons se vendent plusieurs euros le kilo, contre une cueillette hivernale manuelle très laborieuse.

Aides & subventions
  • PAC : droits à paiement de base, éco-régime via certification bio ou HVE, aide à la conversion bio en cultures pérennes (3 ans de conversion).
  • PCAE : subventions d'investissement de 20 à 40 % sur l'irrigation économe, la plantation de vergers, les équipements en coopérative d'utilisation de matériel et les protections climatiques.
  • Dispositifs régionaux (Bourgogne-Franche-Comté, Pays de la Loire) : aides à l'installation en petits fruits, prise en charge du contrôle bio jusqu'à environ 1 000 €/an.
  • Certifications et assurance : HVE niveau 3 accessible en protection intégrée ; certification GlobalG.A.P. exigée par certains acheteurs de jus à l'export ; assurance récolte subventionnée contre le gel et la grêle.
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Mode de conduite

Implantation

Densité de plantation par système
SystèmeInter-rangSur le rangDensité
Haie continue mécanisable (industrie) 3 à 3,5 m 0,7 à 1 m 3 300 à 4 000 plants/ha (référence)
Rangs serrés en récolte manuelle (frais) 2 à 2,5 m 1 m 4 000 à 5 000 plants/ha
Buisson extensif 3 à 3,5 m 1 à 1,5 m 1 500 à 3 000 plants/ha (peu courant)

L'inter-rang est dicté par le passage de la récolteuse enjambeuse, l'écartement sur le rang par la vigueur variétale. Les densités inférieures à 1 000 plants/ha ne se pratiquent plus en verger professionnel. À la plantation, le collet est enterré de 5 à 10 cm pour favoriser l'émission de tiges depuis la souche ; les racines nues sont pralinées et chaque plant reçoit 2 à 3 litres d'eau.

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Systèmes de conduite

Le cassissier fructifie sur le bois jeune et se régénère par des rejets de souche : il se conduit en gobelet libre, sans tuteur, et jamais sur tronc, ce qui lui ferait perdre son renouvellement par la base. En verger industriel, les gobelets plantés serrés finissent par se rejoindre en haie continue.

SystèmeDimension cléDétail
Gobelet libre en haie continue Hauteur 1,5 à 1,8 m, rangs à 3 à 3,5 m Standard de l'industrie. Aucun support, récolte à l'enjambeuse, taille de renouvellement annuelle, éventuelle égalisation du sommet à la tailleuse avant récolte.
Gobelet libre en rangs serrés Rangs à 2 à 2,5 m, 1 m sur le rang Récolte manuelle pour le frais. 6 à 10 charpentières par pied, centre aéré.
Haie palissée légère Piquets de 1,2 à 1,5 m, premier fil à 0,40 m Frais, variétés à port retombant, parcelles ventées. Soutient les branches chargées, facilite cueillette et aération. Sans intérêt pour la récolte mécanique.
Matériel
MatérielAccès & coût indicatifAvantagesInconvénients
Récolteuse enjambeuse Neuf 50 000 à 100 000 € HT, durée de vie 10 à 15 ans ; en coopérative d'utilisation de matériel ou prestation, 400 à 800 €/ha 1 ha en 4 à 5 heures avec 2 à 3 opérateurs, 95 % des fruits récupérés, tri embarqué sur les modèles récents Débris et fruits écrasés à trier, réglage exigeant, incompatible avec les filets, blessures qui ouvrent la porte au dépérissement des rameaux
Planteuse à arbustes Prestation 300 à 600 €/ha Rapidité sur grande surface Pas de pralinage individuel
Tailleuse mécanique (barre de coupe) environ 8 000 € Égalise le sommet des haies avant récolte Ne remplace pas la taille de renouvellement manuelle
Désherbeuse interceps environ 5 000 € Zéro herbicide, préserve la vie du sol Racines superficielles à ménager
Filets anti-grêle et anti-oiseaux 8 000 à 10 000 €/ha Protège de la grêle et des oiseaux, ombrage partiel Coût, 10 à 15 % de lumière en moins, bloque l'enjambeuse

Prix indicatifs.

Taille

Taille et renouvellement

Taille de formation (années 1 à 3)

En fin de première année de végétation, rabattre le plant à 2 yeux (environ 10 cm du sol) pour forcer la souche à émettre plusieurs tiges vigoureuses. Les deux années suivantes, se limiter à un nettoyage léger : bois mort, brindilles chétives, et conserver les 6 à 8 plus belles tiges réparties harmonieusement.


Taille de renouvellement (à partir de l'année 4)

La fructification se fait sur le bois de 1 à 3 ans ; au-delà, les rameaux deviennent improductifs. Chaque hiver, de préférence en février juste avant le débourrement, supprimer au ras de la souche un quart à un tiers des tiges âgées de 3 ans et plus (écorce foncée, mousse, faible ramification), pour maintenir 8 à 10 charpentières d'âges échelonnés. Éclaircir le centre du buisson pour éviter le microclimat humide. Évacuer et brûler ou broyer les bois loin de la parcelle.


Rajeunissement

Une variante consiste à rabattre l'ensemble de la haie après récolte pour mécaniser la taille, au prix d'une production biennale ; en France, la taille partielle annuelle, plus fine, reste la règle. Bien taillé, un verger reste productif 15 à 20 ans ; laissé vieillir, il s'essouffle en 8 à 10 ans.


À éviter

  • Conduire sur tronc : perte du renouvellement par la souche.
  • Laisser vieillir le bois : petites grappes clairsemées sur bois de plus de 4 ans, refuge de lichens, cochenilles et sésie.
  • Tailler par temps humide ou avec des outils non désinfectés : porte d'entrée du dépérissement des rameaux.
  • Tailler trop tôt en hiver : avance la floraison et l'expose au gel.
  • Excès d'azote : pousses tendres favorables à l'oïdium et aux pucerons.
  • Laisser bois mort ou malade et feuilles tombées sur la parcelle : inoculum d'anthracnose et d'oïdium.

Entretien

Irrigation & fertilisation

Eau : 25 à 35 mm par semaine de la floraison à la fin de récolte, par apports de 10 mm tous les 3 à 4 jours, soit 300 à 600 m³/ha/an d'appoint ; arrêt après récolte pour laisser l'arbuste entrer en dormance. Le goutte-à-goutte accélère l'entrée en production (6 t/ha observées dès la deuxième année) et double la croissance des jeunes plants. Un paillage organique de 5 à 10 cm réduit les besoins de 30 à 50 %.


Fumure de fond : 40 à 60 t/ha de fumier bien décomposé enfouis avant plantation, renouvelés tous les 3 ans environ ; pH corrigé entre 6 et 7.


Entretien annuel : en bio, 30 à 40 t/ha de compost en fin d'hiver, complétés en potasse si besoin ; en conventionnel, environ 80 unités d'azote, 60 de P₂O₅ et 80 à 120 de K₂O par hectare, fractionnées entre débourrement et après récolte. La potasse conditionne calibre et sucre ; le bore en pulvérisation préflorale prévient la coulure ; un chélate de fer corrige la chlorose en sol calcaire. Analyse de sol tous les 2 à 3 ans. Le cassissier craint davantage la carence que l'excès, mais l'azote tardif favorise l'oïdium.

Récolte & rendements

Récolte, maturité & stockage

Critère de maturité : baies uniformément noires et satinées, se détachant facilement de la grappe ; attendre 1 à 2 semaines après le noircissement pour le gain de sucre et d'arôme. Pour l'industrie, viser plus de 12 à 13 °Brix (15 à 16 sur variétés sucrées). Les variétés modernes tiennent 8 à 10 jours sur pied, ce qui permet de grouper la récolte.


Fenêtre : fin juin pour les précoces, mi-juillet pour les mi-saison, fin juillet à début août pour les tardives ; 1 à 2 passages.


Mode : pour l'industrie, récolte mécanique à l'enjambeuse (1 ha en 4 à 5 heures, 95 % des fruits), tri des débris en station, livraison le jour même. Pour le frais, cueillette manuelle le matin, grappe entière coupée au sécateur, 4 à 5 kg par heure et par cueilleur, conditionnement en barquettes de 125 à 500 g, souvent en assortiment de fruits rouges. Cahiers des charges industriels usuels : baies de plus de 8 mm, moins de 1 % d'impuretés, moins de 5 % de tiges vertes en surgelé.


Conservation : fruit fragile et périssable, 2 à 3 jours à 0 - 4 °C en chambre froide dès la cueillette ; une semaine en atmosphère contrôlée, rarement mise en œuvre ; les invendus partent en transformation sous 48 h. La surgélation IQF à −18 °C conserve plus d'un an en préservant vitamine C et arôme et constitue le mode de stockage industriel courant, après pré-refroidissement en chambre froide positive. Les bourgeons se récoltent en hiver par coupe des rameaux et se congèlent ou s'extraient sans délai.

Rendements par variété
CatégorieVariétéRendement en pleine production
Transformation Blackdown 4 à 8 t/ha
Transformation Titania 5 à 7 t/ha
Transformation Andega 4 à 6 t/ha
Transformation Ben Lomond, Ben Connan, Ben Alder 4 à 8 t/ha
Transformation Noir de Bourgogne 1,5 à 3 t/ha
Frais Tenah, Big Ben, Tsema, Ebony Très productives, de l'ordre de 2 à 4 kg par plant

Références : 3 à 4 t/ha en moyenne nationale (2 à 3 t/ha en bio), 4 à 6 t/ha en conduite optimale irriguée, plafond réaliste de 8 t/ha et 10 à 11 t/ha exceptionnellement. Les rendements sont notoirement instables d'une année sur l'autre : un gel de floraison ou une attaque de cochenilles peut diviser la récolte par deux.

Synthèse — mode de conduite en un coup d'œilMaj. septembre 2026

3 300 - 4 000Plants/ha
1,5 - 1,8 mHauteur haie libre
4 - 6 t/haRendement plein
4 ansEntrée en pleine production
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